A la rencontre de Fernand Mignaton

Ancien directeur de l’école de Briantes, résistant et maire de sa commune natale, Saint-Georges la Pouge (Creuse), Fernand Mignaton figure parmi les personnalités qui ont participé à l’histoire du village de Briantes. Nous vous proposons de découvrir le parcours de cet acteur méconnu de la résistance locale durant la deuxième guerre mondiale, à travers les principales dates et évènements qui ont jalonné sa vie.

Cet article a été réalisé avec l’aide de Robert Langlois, Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance de La Châtre, et de Jean-Pierre Muller, instituteur retraité, historien local. 

De Saint-Georges-la-Pouge à Briantes

Naissance

6 novembre 1900 à Saint-Georges-la-Pouge (Creuse)

Juin 1913

Il obtient le certificat d’études. Il est inscrit comme interne à l’école primaire supérieure de Bourganeuf. Il obtient après 4 ans d’études le brevet élémentaire qui va lui permettre d’entrer à l’Ecole normale de Châteauroux.

Carrière militaire

Il entre à l’école des officiers de réserve de Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres. En 1921, il est nommé lieutenant à la tête d’une section de 30 hommes dans le 94ème régiment d’infanterie à Bar-le-Duc. En 1923, il fait partie des opérations d’occupation de la Rhur, dans le village de Hattingen.

A partir du 1er octobre 1923, Fernand Mignaton est nommé instituteur à Lignerolles dans une classe unique de 40 élèves. Puis, à la rentrée 1935, il devient directeur d’une école de 3 classes à Briantes.

La guerre interrompt sa carrière. Il est démobilisé le 19 juillet 1940 pour revenir dans le Boischaut Sud, à Briantes.

La Résistance du Boischaut Sud

1943

Après la défaite allemande à Stalingrad, la France reste sous le joug. A la fin du mois de juin, un premier contact avec Gaston Langlois des MUR (Mouvements Unis de la Résistance) est établi. Fernand Mignaton devient chef militaire à l’A.S. (Armée Secrète).

17 juillet 1943

Réception et distribution de 1800kgs d’armes sur le terrain de Venizelos, près de Beddes.

« Le Berry, et le Boischaut Sud en particulier, sont des places fortes de la Résistance », explique Robert Langlois. Grâce à ses recherches, l’ANACR a identifié une trentaine de Maquisards très actifs, dont la fille de Fernand Mignaton, alors adolescente et agent de liaison. La radio de la BBC est d’ailleurs installée dans sa chambre.

Le 5 avril 1944, trois « anges » sont réceptionnés près de la commune de Néret. Ils appartiennent aux services secrets britanniques. Leur mission : saboter le grand Etat-Major allemand installé au château de Pignerolles, près d’Angers, chargé d’empêcher tout débarquement allié.

Dénoncés par un agent double, ils sont livrés à la Gestapo, et meurent après avoir été déportés et atrocement torturés à Buchenwald.

La libération

5 mai 1944

Les résistants apprennent que ceux qui ont côtoyé « les anges » doivent disparaître immédiatement.

8 mai 1944

La Gestapo arrive à Briantes. Mignaton qui a été averti a eu le temps de mettre à l’abri son épouse et sa fille. Puis il organise sa propre disparition. Il se réfugie dans une ferme isolée puis en Creuse avec sa famille. Ils y resteront jusqu’au débarquement. Dès l’annonce, les Mignaton reviennent à Briantes où le maquis du Virolan se constitue avec des jeunes gens qui n’ont aucune formation militaire.Pour des raisons de sécurité il est décidé d’évacuer le camp à Puy Barbeau sur la commune de Lignerolles. Après le combat de Genest qui fait 17 victimes les maquisards participent à la libération du département.

Fernand Mignaton restera dans l’armée. L’école de Briantes perdra un maître d’exception. Il finira sa carrière comme lieutenant-colonel honoraire et commandant de la place d’armes de Guéret.

Il a reçu:
– Une citation à l’ordre du corps d’armée – 1945
– La médaille de la Résistance en septembre 1945
– La Légion d’Honneur en novembre 1946 pour services exceptionnels (décret du 27 novembre 1946).

A sa retraite, il est nommé maire de sa commune natale, Saint-Georges-la-Pouge. A ses côtés pendant la Résistance comme agent de liaison, c’est sa femme qui terminera son mandat de maire après son décès lors de son second mandat

Avec 50 adhérents, l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance continue de faire vivre un esprit qui résiste encore aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’elle tient à entretenir la mémoire des « Oubliés de la Résistance », hommes et femmes de tous âges qui ont contribué, depuis le Boischaut Sud, à la libération de la France. Ils ont donné raison à Albert Camus qui affirme dans son roman « La Peste » qu’il y a dans l’homme « plus de choses à admirer que de choses à mépriser ».

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